Le Strip-tease Art et phénomène de société
ART...
Le 9ème Art disait-on dans les années 60. De
l’anglais to strip (se déshabiller) et to tease (taquiner), faire un
strip-tease signifie se dévêtir progressivement et de façon suggestive ;
sensuellement et langoureusement afin d’attiser les sens.
Le Dictionnaire du Surréalisme donne lui, la définition suivante : “ Dévêtement progressif d’une dame dont la savante lenteur excite sournoisement les sens.”
Dans l’évangile, il est décrit un strip-tease originel : La danse des Sept voiles de Salomé.
Salomé, princesse juive, influencée par sa mère danse et se déshabille voluptueusement devant le Roi Hérode, son oncle. Il tombe sous le charme et lui promet de réaliser en retour son voeu le plus cher. Salomé demande en échange la tête du prophète Jean-Baptiste, le meilleur ami d’Hérode. Ce dernier s’exécute à contre coeur et offre la tête de Jean-Baptiste à Salomé. Ce que femme veut...
Depuis, le strip-tease n’a cessé de faire tourner des têtes.
Mona, dans “Orphée en enfer” au Bal du Moulin Rouge a ouvert la voie au strip-tease contemporain. Un soir du 9 février 1893, elle se déshabille sur scène plus que de coutume. Elle est condamnée à 100 francs d’amende et une nuit en prison ! La foule s’en mêle et manifeste pour contester cette punition. Mona retrouve son honneur et les folles nuits parisiennes voient se développer le “French Cancan”.
A la Belle Epoque, le Tout-Paris courre le soir au “Divan Japonais” aux Folies Bergères, à l’Olympia pour assister à ces nouveaux spectacles d’effeuillage. La danse qui laisse entrevoir les plumes et frou-frou des dessous féminins s’exporte aux Etats-Unis où elle fait fureur...
Adaptée aux moeurs du pays, elle entre dans les saloons de l’Epopée des Cow-boys. La ruée vers l’or entraîne dans son sillage les “fleurs de saloon” qui chantent, dansent et jettent leurs jupons par dessus les potences. L’Amérique puritaine s’offusque, alors des spectacles comiques s’intercalent entre les strip-teases ; naissent les “Burlesques”. Le succès est énorme et le strip-tease vit de beaux jours. Il devient populaire et intègre la notion de “Rêve Américain”.

En France,
parallèlement, c’est le déclin. Même la grande Mata Hari ne remplit plus les
salles. Elle abandonne les planches des cabarets parisiens en 1914. Les
noctambules lui préfèrent le Music Hall et ses revues nues.
Il faut attendre 1951 et Alain Bernardin pour retrouver au Hit Parade des Nuits Parisiennes les strip-teases des célèbres danseuses du Crazy Horse : Rita Renoir, l’impératrice du strip français ; Miss Candida, élue stripper de l’année 1955 après l’académie du strip-tease et tant d’autres...
Le strip-tease est jusque là un divertissement dont les acteurs sont exclusivement des femmes pour un public composé majoritairement d’hommes.
Une nouvelle donne apparaît en 1970 avec les Chippendales et le spectacle s’ouvre aux femmes !
Des strip-teaseurs américains, sportifs, musclés, bronzés, véritables Apollon se produisent à Los Angeles une fois par semaine. Aujourd’hui, ils font le tour du monde et on ne compte plus le nombre de groupe de mâles qui suivent leur exemple.
.... ET PHENOMENE DE SOCIETE
Le Strip est plus
qu’un métier, c’est une vocation. Aujourd’hui, il est un des principaux
attraits du divertissement.
On initie les strips professionnels dans des écoles, des académies. Des agences se spécialisent et font l’intermédiaire entre les clients et les artistes. On fait appel aux strip-teaseurs (seuses) pour fêter un évènement (départ à la retraite, annversaire...), étoffer, animer, pimenter une soirée privée ou en discothèque, enterrer une vie de jeune fille, de garçon ou même simplement pour le plaisir !
Le strip-tease devient spectacle ; les artistes créent des shows avec des costumes extravagants, des accessoires, maquillage et des mises en scène qui relèvent parfois de la performance. Sans cesse ils cherchent de nouvelles idées, se transforment en personnage de cinéma, chanteur, bref ils font appel à un sens très développé de la créativité.
Le strip se pratique seul (e), en duo, en groupe. A même le sol d’une discothèque ou sur une grande scène, cadencé par une musique propre à chaque artiste, les lumières et stroboscopes tourbillonnent au rythme du tempo... et c’est sur ces accords que l’effeuillage commence.
De plus en plus, le public participe. Il est fréquent qu’un (ou une) stripper invite une personne du public pour le mettre en scène avec lui (elle). Cette invitation laisse souvent des souvenirs inoubliables...
En parallèle se développent de nouveaux genres de strip-teases :

Le Table Dance, les artistes évoluent et dévoile ses charmes à la demande du client, autour de votre table,vous effleure mais attention! On ne touche pas. Si le strip vous plaît, vous pourrez faire en sorte que le spectacle se prolonge en plaçant quelques “tickets euros” dans la jarretière des danseuses...
Le Lap Dance : on prend le Table dance et on dénude la danseuse...
Le Gogo ou Golden Dance, l’artiste évolue autour d’une barre en de véritables contorsions et prouesses techniques et physiques. Accrochée par les pieds, la tête en bas ou encore les cuisses serrées autour de la barre, la danseuse se propulse au sommet et lâche les mains pour saluer la foule en émoi !
Le strip-tease est séduction, érotisme, il devient aussi performance...
© Texte Christine Burns © Photos Yves Cham
A voir également