La Masturbation la decouverte de notre corps.
Si la masturbation est une pratique aussi vieille que l’humanité,
elle n’en reste pas moins chargée de très fortes significations sociales et
psychologiques qui font d’elle un tabou. Et même si elle n’est plus totalement
considérée comme péché par la majorité des individus, elle reste toujours, aux
yeux de certains, comme honteuse. Son étymologie, d’ailleurs, en est la preuve
: masturbation, de manus, signifie « main », et stupratio,
«action de souiller». Pourtant, on peut aussi formuler l’hypothèse que la
«branlette», le «touche-pipi» ou la «veuve poignet», constituent une sorte de
jardin secret où l’individu peut se livrer tout à fait librement à des
fantasmes qu’il n’ose partager avec son partenaire. Et que parler de la
masturbation serait dévoilé le jardin secret qu’on ne souhaite pas forcément
partager. Or, dans ce cas, est-ce l’acte lui-même qui est tabou, ou les pensées
et les fantasmes qui l’accompagnent ?
La pratique de la masturbation a été sujette à plus d’incompréhension et d’interprétation morale que toutes autres pratiques sexuelles. Des générations d’adultes ont d’ailleurs voulu faire croire, pour éloigner les jeunes de cette pratique, que la masturbation était dangereuse pour la santé. Et les croyances, dans ce domaine, furent nombreuses et tenaces. Pourtant, la preuve est faite aujourd’hui que la masturbation ne peut être tenue pour responsable de troubles physiques ou mentaux. En effet, la «branlette» ne rend ni sourd, ni aveugle, et n’entraîne ni stérilité, ni cancer, ni maladie mentale !...
Elle a pour fonction, au contraire, de permettre d’apprivoiser
ce dont on est capable dans l’abandon du plaisir, dans l’enrichissement de ses
sensations et de ses émotions, ainsi que dans l’épanouissement de son
imaginaire. Il est extrêmement équilibrant de découvrir et d’exploiter ses
propres possibilités de plaisir. D’ailleurs, pendant l’adolescence, la
masturbation sert à donner au plaisir physique un sens et une place dans la
vie. Et à tous les âges, d’ailleurs, elle a une fonction de compensation pour
remplacer les autres jeux sexuels quand ils sont momentanément ou durablement
impossibles...
Normale et non répréhensible, sa pratique est un moyen de détente sexuelle. Elle apaise l’angoisse et le stress, car le plaisir a un rôle fondamental dans l’équilibre psychique. Elle a aussi un rôle ludique, d’évasion, sans danger pour soi ou pour les autres. En libérant sa vie fantasmatique, en jouant avec les images érotiques, en s’évadant dans un monde irréel, l’être humain se rééquilibre, se libère, se créé son jardin secret, reprend des forces et nourrit sa vitalité. Mais c’est aussi un équilibre sexuel.
Dans un couple, l’un ou l’autre des partenaires, peut avoir
envie d’un rythme plus élevé d’orgasmes. La «branlette» est ainsi le moyen le
plus simple de vivre son désir et de dissiper toute frustration. D’autant que cette
pratique peut aussi se demander à l’autre, faire partie du jeu à deux,
notamment pour l’homme, à qui la masturbation procure souvent une intensité
d’excitation que ne permettent ni la sodomie, ni l’obligation de se retenir un
certain temps...
Mais la masturbation est aussi l’apanage de la jeunesse. Il est vrai que la découverte de la sexualité a souvent lieu par sa pratique lors de l’adolescence. Les hommes reconnaissent s’être massivement masturbés lorsqu’ils étaient ados, mais sont beaucoup plus réticents à reconnaître y avoir recours à l’âge adulte.
En bref, la masturbation est la forme de sexualité la plus spontanée et la plus simple à pratiquer. Elle permet avant tout de découvrir son propre corps, et joue un rôle essentiel de substitution ou de complément. Mais elle peut aussi s’enrichir de tout l’imaginaire et être une activité érotique à part entière.
© Tropicale Production - © Photos Yves Cham
A voir également