CULTURE SEXE ET LECTURES AMOUREUSES de Jean Jacques PAUVERT

“ Il s’agissait de donner au public un échantillonnages des textes représentatifs à la fois dans l’espace et dans le temps d’un regard littéraire d’inspiration érotique, au sens le plus large du terme. C’est à dire un choix pouvant donner une idée du panorama mondial de la chose, et de son évolution dans les différentes cultures. Non contents de fournir au lecteur curieux des spécimens de ce que l’on peut trouver de plus caractéristique dans le genre, nous voulions essayer de lui faire partager le plaisir de la découverte de textes rares, ce que nous avons eu la chance de pouvoir faire - et que nous faisons parfois en même temps que lui.”
Ces éléments contribuent
à donner un caractère exceptionnel à la collection dans la librairie de notre
époque. L’objectif de Jean-Jacques Pauvert est de
sans cesse améliorer et perfectionner la bibliothèque.
A PROPOS DE JEAN
JACQUES PAUVERT EDITEUR...
Après des études scolaires
tumultueuses, Jean-Jacques Pauvert devient à 15 ans
en 1942 apprenti vendeur en librairie. Depuis cette date il n’a
jamais quitté le monde sacré des Livres. Courtier en livres rares,
journalistes, bouquinistes sur les quais à Paris, il publie son 1° livre en
tant qu’éditeur en 1945. Il a 19 ans ! « Explication de l’Etranger »,
de Sartre, un texte de Camus. Dans la foulée il publie les plus grands noms de
l’époque : Gide, Genet, Camus, Cocteau, Montherlant, Queneau...
En 1947, il s’intéresse particulièrement à des ouvrages jusqu’alors censurés :”Les Oeuvres Complètes” de Sade. En opposition avec la société de l’époque, il court de procès en procès pour outrage aux bonnes moeurs.
Rien ne l’arrête, en 1954, il continue à éditer des ouvrages érotiques, tel que Histoire d’Ô, et les écrits de Georges Bataille dont la première édition officielle de Histoire de l’Oeil et Madame Edwarda. Cette époque marque son intérêt pour le Surréalisme et un de ses leaders André Breton.
1968 est l’époque où il fait débuter entre autres, Siné, Chaval, Wolinski, Topor avec la collection “Liberté”.
En parallèle, il s’intéresse aussi au cinéma et publie une
des premières collections traitant des sujets qui lui tiennent à coeur, en 1957
il édite : « Le Fantastique au cinéma, l’Erotisme au cinéma ». En
1979, il crée et inaugure
… ET ECRIVAIN.
Baigné dans la littérature érotique jusqu’au cou, Jean-Jacques Pauvert travaille aussi sur des oeuvres qu’il écrit.
Qui mieux que lui pouvait se lancer dans la remarquable entreprise de la rédaction de : “Anthologie historique des lectures érotiques” (coédition Stock/Splenger)
En 5 volumes, de Gilgamesh (roi Sumérien, 1700 avant J.-C) à Aujourd’hui, en passant par Saint Just, Sade, Apollinaire, Enseinhower, Emanuelle, il arrive en Mars 2001 à boucler la fabuleuse histoire des ouvrages érotiques.
Particulièrement sensible aux écrits de Sade, il publie :
“Sade Vivant” (édition Laffont) en 3 tomes et bien sûr, pour l’avoir subie de
plein fouet “Le Vrai problème de
LES NOUVEAUTES MAI 2008
Dans Gamiani
ou Deux Nuits d’excès, Alfred de Musset
(1810-1857) relate les ébats de la comtesse Gamiani
avec Fanny et Alcide. Deux nuits au cours desquelles chacun des personnages
fait le récit de son initiation et de ses plus singuliers exploits d’alcôve,
l’ensemble des scènes constituant une sorte d’encyclopédie des dépravations.
Publié pour la première fois en 1833, Gamiani est l’ouvrage le plus réimprimé au cours du XIXème siècle (pas mois de 41 éditions !) ; l’attribution à Musset, longtemps remise en cause, ne fait plus aucun doute.
6.90€
Dans le bref espace où Pierre
Mac Orlan (1882-1970) déroule ses
aventures, Mademoiselle de Mustelle et ses amis
passe de treize à quinze ans. Courte période dans laquelle pourtant elle
parcourt tous les degrés — dirons-nous de la débauche ? —, non : plutôt de
l’apprentissage le plus naturel de toutes les ressources de l’art d’aimer. Il
faut dire que son entourage n’incite guère à l’austérité : sa gouvernante
anglaise, la soubrette, le valet, la lingère, sa mère elle-même et sa petite
sœur «ne pensent qu’à ça», donnant ainsi à Lucette les plus suggestifs et les
plus variés des exemples.
6.90€
L’Anti-Justine, Nicolas-Edme Restif de
Récit rapportant les expériences fantasmées du narrateur, le thème essentiel du livre de Restif est celui de l’inceste, de ses premières excitations érotiques auprès de ses sœurs, son dépucelage par sa mère et sa profonde passion pour sa fille.
Contrairement au climat qui règne dans ses autres ouvrages, Restif, pour L’Anti-Justine, a décrit une innocence absolue, une absence totale de repères de la morale habituelle. Le bon, le bien, c’est ce qui est voluptueux, et l’inceste devient ici le comble de la volupté. Il baigne dans des sentiments d’affection, de tendresse infinie, de reconnaissance réciproque, et chacun – le père, la fille – n’a pour seule pensée que le plaisir, le bien-être de l’autre.
En l’écrivant, le but de Restif était, tel qu’il l’annonce dans son introduction, de contrer Sade, “ de faire un livre plus savoureux que les siens et que les épouses pourront faire lire à leurs maris pour être mieux servies ” car “ personne n’a été plus indigné que moi des sales ouvrages de l’infâme marquis ”. Comme le souligne Jean-Jacques Pauvert dans son Anthologie historique des lectures érotiques, “ l’inceste, toujours présent chez Restif, ici s’exaspère en redoublements fantasmagoriques, et il est très remarquable qu’ayant voulu, dit-il, affronter les obsessions de Sade, Restif se soit trouvé entraîné à amplifier les siennes ”. C’est sûrement que l’indignation de Restif à l’égard de Sade s’adressait plus “ à un rival trop estimé qu’à un auteur méprisable ”...
© Tropicale Production
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