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GONZO MANIFESTO 2 pov de Katsuni

Reportage par Katsuni

GONZO MANIFESTO par Katsuni Suite

GONZO MANIFESTO SUITE

Par Katsuni

7- ...l’apologie de la violence et de l’humiliation de la femme :

 

Oui, j’ai tourné pour des gens bêtes et méchants qui ne demandaient que fessées, baffes, crachats et strangulations à outrance.   C’est le problème du gonzo, il est trop accessible. Il demande peu de moyens, n’exige pas de qualités de réalisateurs (plus de cameraman), et le viagra permet l’arrivée nouvelle génération de mauvais hardeurs. Trop d’acteurs veulent imiter Rocco, Nacho Vidal, Manu Ferrara. Ce qui est sûr c’est qu’avec eux, je n’ai JAMAIS eu mal. Un bon hardeur est quelqu’un qui connaît bien le corps des femmes. Je reconnais (et je n’ai pas le choix vu tous les mauvais exemples) que beaucoup de gonzos sont répugnants de par leur violence.

 

MAIS :

 

-         Trop de filles ne devraient pas être là. Trop jeunes, trop inexpérimentées, trop sensibles... certaines tombent amoureuses, d’autres fondent en larmes... bref, beaucoup ne sont pas encore des femmes et se connaissent très peu quand elles débutent. Je ne dis pas qu’on ne peut s’épanouir sexuellement à travers le métier d’actrice (puisque je l’ai fait), mais on peut se détruire si on cède à tout et trop vite.

-- Beaucoup d’actrices, et j’en fais partie aiment ça. Il y a celles qui subissent, passives, et il y a celles qui jouissent, parce qu’elles en ont envie.

-Quand je fais une scène, je suis en transe, totalement soumise (sauf avec les cons... dans ce cas, je “joue” mon rôle). Faire des gonzos m’a permis de découvrir mes limites. Je n’ai pas toujours eu du plaisir, j’ai déjà eu mal, très mal mais j’ai ensuite appris à dire “stop”, à mieux respecter mon corps. Je me suis sentie plus humiliée sur les tournages européens quand il n’y avait rien à manger et qu’on tournait jusqu’à 3 h du matin en extérieur, en double au milieu de 5 mecs.

 

-C’est aussi plus la manière de faire pour montrer que c’est l’acte lui même qui importe.

 

-On peut filmer une simple fellation de manières glauque et sale : mauvais maquillage, gros plan avec un objectif grand angle, lumières blafardes, insultes, filles qui fait la gueule... à l’inverse une double pénétration ou une scène de domination peuvent devenir magnifiques.

 

-Suze Randall, Michael Ninn, Laurent Sky (Pure Play) font aussi du gonzo (à gros budget) et les filles sont sublimes, les décors travaillés, les lumières soignées. Pour donner un exemple avec les films traditionnels : Noce Blanche aborde la pédophilie, Dracula (de Coppola) expose le viol, la nécrophilie et même la zoophilie, Basic Instinct associe l’acte sexuel au meurtre... et dans chaque cas ces tabous deviennent incroyablement beaux ou excitants !

-

8- ...un mauvais exemple de prévention :

 

Désolée mais le métier d’actrice porno pour moi n’est pas prof d’éducation sexuelle.  Je suis toujours à l’écoute et prête à donner des conseils via mon site, les forums, les salons du X...  mais quand je tourne je pense à un public majeur et amateur de film porno, pas à un ado qui a piqué un DVD de son père ou zappe à 2h du mat quand il devrait dormir. En fait, quand je suis dans ma scène, je ne pense plus. “Analyser c’est paralyser”. Je me laisse aller au feeling, à l’instinct. Je me suis déjà choquée en voyant après coup ce que cela pouvait donner à l’image mais au moins j’ai donné le maximum.  Et je crois que l’intérêt est là pour le spectateur/trice que ce qu’il voit est réel : ma sueur, mon plaisir, ma rage ; je me donne tout entière le temps de la scène, j’abandonne toute inhibition. Le seul exemple que les professionnels du X peuvent donner est peut-être de montrer aux gens qu’on peut libérer nos instincts au lit, mais garder une morale dans le quotidien. Les documentaires, les “making-of”, sont à mon avis les meilleures façons d’aider le public à faire la part des choses.

 

CONCLUSION : LE GONZO, DECADENCE DU PORNO ?

 

Oui, il y a une dérive générale des pratiques sexuelles dans le X et les gonzos  en sont l’exemple  flagrant ;  non, elle n’est pas systématique. Avant toute chose il s’agit de sexe, disons-le, de baise, et en ce qui me concerne je ne fixe ni tabous, ni limites dans la mesure où j’ai toujours le  choix de dire “coupez”, dans la mesure où je suis respectée hors caméra.

Il  m’est arrivée de me sentir submergée au point d’en perdre mon libre-arbitre, mais soit cette sensation était enivrante, excitante, soit elle était désagréable et dans ce cas la leçon est vite retenue ! C’est aussi à l’actrice de poser ses limites avant la scène, d’éviter de bosser avec un hardeur trop dominateur.

J’ai vu des abus, j’ai vu des acteurs pousser des filles à bout, profiter de leur inexpérience ; j’ai moi-même eu quelques scènes très dures, mais j’insiste sur le fait que c’est aussi à nous actrices de faire les bons choix, de ne pas céder à l’appât du gain pour accepter la course à la performance.

 

Le Gonzo, c’est comme un combat de Catch...

 

C’est choquant, extrême, parfois même grotesque tant c’est caricatural.  Les acteurs baisent vraiment tous comme des catcheurs sautent vraiment les uns sur les autres...  MAIS c’est aussi du show. Quand je crie ou gémis dans une pièce cela ne signifie pas forcément que j’ai mal ; quand un catcheur grimace, c’est aussi pour jouer devant le public. On se bat sur scène, on se domine devant la caméra...  et quand tout est fini on mange ensemble entre potes et on rentre chez soi.

Il y a donc une énorme marge entre ce que l’actrice montre et ce qu’elle ressent. La professionnelle puriste joue/jouit devant la caméra... la professionnelle que je suis, jouit pour elle-même, pour lui (le partenaire), pour eux (le réa, l’équipe technique, le spectateur...).

 

La question est alors : qu’est-ce qu’il y a de plus excitant ? voir une jolie fille simuler ? Ou en voir une autre, mal filmée... mais qui prend vraiment son pied?

Réponse : Chacun ses goûts.

Et c’est triste, mais pour certains, leur préférence va pour une scène où la fille se fait “défoncer”, détruire, sans se soucier de savoir si elle aime ça ou non...Nous avons tous notre libido et notre “sens de l’esthétique”. Et le plus beau ne sera d’ailleurs pas forcément toujours le plus excitant, loin de là. L’expression “cochonne” n’existe pas par hasard.

Le gonzo ne marque donc pas la décadence du cinéma porno... c’est le cinéma porno qui en son essence est décadent : est excitant ce qui est interdit. Les films X seront toujours à contre-courant des normes et valeurs d’une société, et c’est pour cette raison qu’il nous faut les concevoir comme fantasmes, et non pas comme modèles.

 

© Texte Katsuni  – Photos Private : Ass Games

 

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