LE CINEMA EROTIQUE ET PORNOGRAPHIQUE
Le sexe a toutes les “sauces”.
Il devient un vrai produit de marketing en
arborant le drapeau “Porno Chic”. Le sexe dans les médias devient l’outil de
communication n° 1. Les magazines dits “famille presse masculine” regorgent de
modèles féminins dans des postures érotiques voire plus...
Les présentateurs radios, télés font de l’audimat parce qu’une star ou actrice X est invitée sur le plateau, excitant ainsi la curiosité des téléspectateurs. Notre côté “voyeur” prend le dessus. Le porno est à la mode. Il faut considérer que c’est une évolution normale. Les catégories cinématographiques changent parce qu’elles ne suffisent plus. La sexualité devient interactive avec le cinéma. Il permet au spectateur de se projeter et de pouvoir intervenir dans l’oeuvre. Ce genre cinématographique qu’est le cinéma X n’a cessé d’évoluer depuis sa naissance. Certains films deviennent même des références et ont marqué l’Histoire du Cinéma Erotique et Pornographique.
Retour aux sources
Le film X apparaît simultanément des 2 côtés
de l’Atlantique, en 1895.
En France, les frères Louis Lumière projettent les premières images animées érotiques (Le Bain); tandis qu’aux Etats-Unis, le film “La Serpentine” provoque une polémique sans précédent.
Le cinéma érotique est né, un genre controversé qui verra s’abattre les lois de la censure dès 1907 (USA) et 1908 (France).
Mais personne ne peut empêcher l’implantation et l’évolution de ce genre nouveau qui semble satisfaire une grande catégorie de spectateurs.
Malgré la censure, la conquête se poursuit mais dans la clandestinité d’une part et dans la suggestion d’autre part. Une épaule se dénude. Les réalisateurs jouent avec les ombres et les transparences afin de suggérer sans montrer.
Le cinéma érotique se cherche et son succès oscille entre âge d’or (1920, 1930 à 1938) et crise (Guerres Mondiales).
L’explosion se fait en Europe où la censure est plus souple qu’aux Etats-Unis et autorise la nudité dans les films traditionnels.
Lentement mais sûrement, les réalisateurs travaillent en subtilité pour introduire de l’érotisme plus ou moins avoué dans les productions.
Le premier virage se fait avec l’apparition des films de “nudistes” dans les années 1950-1960. Mais on reste très prude et vertueux et la nudité n’a pas encore une véritable connotation sexuelle. Elle est même caricaturée par Russ Meyer, ancien photographe de Playboy, avec ses Vixens aux seins hypertrophiés. (L’immoral M. Tears).
Puis le cinéma érotique se développe et tend de plus en plus vers une démonstration de comportements sexuels de plus en plus libérés montrant une nudité complète. En 1965-1970, les films sexuels à “caractère éducatif” sont très en vogue et enregistrent un record d’audience (Collection allemande Helga avec plus de 4 Millions de spectateurs en Allemagne et autant en France).
L’âge d’or :
Les années 1970 et la libération sexuelle.
Ce n’est plus un secret pour personne, et on
se rappelle de cette époque et des grandes manifestation liées à des mouvements
sociaux majeurs : Woodstock, Mai 1968 “Sous les pavés la plage”, Carnaby Street etc... Cette tendance amène une révolution sexuelle et tout
ce qu’elle entraîne. Les grands thèmes liés à la sexualité sont abordés sans
tabou : l’homosexualité, la polygamie, les échanges libertins mais
également des pratiques existantes depuis l’Antiquité, mais jamais avoué,
telles que la sodomie (Le dernier tango à Paris a fait plus de 5 millions
d’entrées en France).
L’explosion est imminente. Dès 1970, le cinéma érotique et pornographique se pare de véritables bijoux et monuments qui marqueront son histoire : Derrière la porte verte, Le sexe qui parle, Emmanuelle donnant naissance à de véritables actrices et acteurs. Les réalisateurs marient judicieusement sexe et humour, sexe et fantaisie.
L’érotisme pénètre la plupart des films et s’intègrent parfaitement dans le “cinéma traditionnel” international (Les valseuses, Caligula, L’empire des sens...)
Plus rien n’arrête la prolifération des scènes hard si bien qu’on en arrive dans les années 1980 à une forme de banalisation.
Jusqu’à présent les films érotiques sont présentés dans des salles de projection spécialisées, la classification X apparaît et les surtaxes d’exploitation avec !
Les années
1980 : Le clivage
A partir de 1980 l’apparition de la vidéo, de
la cassette VHS et des magnétoscopes provoque une fracture dans l’économie du
paysage érotique et pornographique. Les moyens techniques évoluent et vont
donner un coup de grâce au cinéma porno “classique”.
Les coûts de production des films cinéma deviennent trop élevés et les films ne sont pas rentabilisés. La qualité dégringole, les sources d’inspiration se tarissent et les nouveaux genres apparaissent : les séries gonzos, les tournages amateurs etc...
A partir de 1981, le paysage pornographique se transforme et les films classés X quittent définitivement les salles.
Les années suivantes sont marquées par ce fléau mondial qu’est le sida, avec toutes la craintes que la maladie encore mal connue, engendre. Le tout mélangé engendre une régression de l’esprit “libertaire” de la sexualité et de l’érotisme.
Puis les chaînes privées sont autorisées à diffuser via les ondes hertziennes un film X par mois et très vite bien davantage.
Le marché de la vidéo Hard explose. Les prix des cassettes chutent et passent en moyenne de 150 € à 15 €...Les clients consommateurs ont un appétit gargantuesque et pour répondre à cette surconsommation, certaines boîtes de production bâtissent de véritables empires en produisant des quantités énormes de films sur des thèmes très variés.
Le tournage en vidéo permet d’alléger considérablement les frais de production et les géants du film produisent à tout va... La quantité supplante la qualité.
L’an 2000 et
l’Odyssée du 21ème siècle
A quelque mois du changement de siècle, le
cinéma traditionnel flirte avec le cinéma X.
Les actrices et Stars de l’image érotique et pornographique tentent un recyclage auprès des réalisateurs “classiques”. Sans succès.
Mais l’émergence d’un nouveau style cinématographique qui mélange porno & tranches de vie, porno et psychodrame (Baise-moi), attire la censure dans un flou “non artistique”. Les censeurs ont du mal a faire du tri et le départage n’est pas toujours impartial. Les visas d’exploitation papillonnent... entre circuit traditionnel et marginal... D’énormes investissements financiers sont en jeux.
Des réalisateurs issus du cinéma traditionnel se lancent dans l’aventure X ( Pink Prison de Lars Van Triers, L’excellente Trilogie de Martin Cognito). Jusqu’à aujourd’hui 9 songs sur grand écran considéré comme un film résolument pornographique.
Aujourd’hui, il existe des dizaines de chaînes télé, qui proposent des centaines de films X. Une des motivations première de l’abonnement à ces chaînes est justement la diffusion des films à caractère pornographique !
Les médias ont compris après tant d’années que l’industrie pornographique représente un enjeu financier énorme et doit être considérée comme un paramètre de l’économie. Le porno est accessible via les numéros roses, le minitel, les vidéos à la demande puis les dvd, internet et jusqu’à la téléphonie mobile...
Mais à trop démocratiser, on vulgarise... L’érotisme et la pornographie sont omniprésents dans notre quotidien. Les médias les utilisent, pas toujours à bon escient, mais parce que c’est dans l’air du temps. Mais au bout du compte, le film pornographique agonise, il se meurt, touché de plein fouet par une médiocrité déconcertante. Les termes galvaudés de réalisateurs, de Stars du X, utilisés à tort et à travers, ne font qu’accentuer le déclin de la production en terme qualitatif.
Des pseudo intervenants s’improvisent du jour aux lendemains réalisateurs en investissant leurs économies dans l’achat d’une caméra. Des actrices de pacotille se lancent dans une starification débordante sans pouvoir l’assumer. Le professionnalisme ne s’improvise pas, il s’apprend en parallèle d’un certain talent. Certains l’ont compris, d’autres pas... l’avenir nous dira ce qu’il en est !
© Texte Christine Burns- Tous droits réservés, reproduction interdite.
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