Delfynn
Delage portrait d’une porno star hors du commun.
Cette interview a été
réalisée en mars 2005, à l’époque Delfynn
Delage tournait encore. Son point de vue n’à guère changer et quand on la
connaît, elle reste un fauve dangereux. Interview d’un des plus beaux d’entre
eux !...
Tropicale
Production : Pourquoi tu fais du porno ?
Delfynn
Delage : À la base j’étais coiffeuse. J’avais déjà regardé un
porno en disant à un ami : “Un jour je ferai ça”. Une nana m’a fait remarqué
que je galèrais trop et m’a conseillé de gagner de l’argent avec mon corps.
Toutes mes envies sont revenues à la surface et du coup, un pote qui avait un
Hot Vidéo m’a prise en photo, on l’a envoyée au magasine et Pascal Galbrun qui
y bossait m’a repérée... Ensuite un premier tournage à Rennes : “Tranches de
Vit”. Et voilà, ça ne date pas d’hier. Que de souvenirs...
Tropicale
Production : Ce qui te plaît le plus dans ce métier ?
Delfynn
Delage : Le côté trash, tout le monde en a envie et moi je suis passée
à l’acte. Briser les tabous, transgresser l’interdit : ça, ça me plait ! Et
montrer à ceux que je n’aime pas à quel point je les emmerde. Ces mêmes
personnes qui maintenant me font des baises-main en boîte pour une coupe de
champagne et que j’envoie se faire enculer... Je kiffe ça, c’est du délire.
Tropicale
Production : C’est dur de sortir de son image de porno star ?
Delfynn
Delage : C’est compliqué quand on est dans un lieu public genre
discothèque. Les gens te connaissent en tant que porno star et si tu es trop
sympa, ils ne te respectent plus... En famille c’est naturel, c’est simple...
L’image, tu te la forges autour de toi, comme une aura artificielle en fait. Ta
vraie nature, tu la gardes pour ta vie privée...
Tropicale
Production : Combien
de films ?
Delfynn
Delage : Olalalalalalala !
Tropicale
Production : D’accord,
d’accord... même pas une idée ?
Delfynn
Delage : En moyenne une centaine de scènes hard par an, en 6 ans,
je me suis bien faite enculée... Et ne demande pas combien d’anales et de
vaginales, impossible de répondre.
Tropicale
Production : Je
ne poserai pas cette question existentielle... Est-ce que tu es sentimentale ?
Delfynn Delage : Je suis
méconnaissable quand je suis amoureuse mais je garde mes distances. Je ne veux
pas montrer que je suis accro, je suis méfiante. Je peux devenir même un peu
gaga, style je l’appelle “ma choupette” !
Tropicale Production : Est-ce que tu penses qu’avoir
un homme dans sa vie en tournant c’est faisable ?
Delfynn Delage : C’est un truc possible mais pas
facile à gérer. Faut tomber sur la bonne personne, pas sur un fan qui se branle
sur tes films. Faut un mec qui ne connaît pas le milieu et qui n’en a pas
envie. Je ne veux pas qu’il aille sur les tournages, je ne veux pas qu’il sache
combien je gagne, je ne veux pas qu’il est envie de tourner.
Tropicale Production : C’est bien comme ça que je
te vois : comme un grand fauve en fait...
Delfynn Delage : Quand on empiète sur mon territoire, ça
ne va plus. Mais quand j’aurai un enfant, je l’élèverai avec le père car je le
veux : un enfant a besoin de 2 parents et d’un cadre de vie vraiment familial
pour évoluer de la meilleure manière possible.
Tropicale Production : Combien de temps encore tu
veux tourner ?
Delfynn Delage : Encore 3 ou 4 ans, ça devient intéressant
pour moi de travailler en France car on me laisse de plus en plus d’initiatives
et tant que des réalisateurs auront des envies vraiment intéressantes, j’ai moi
aussi envie de continuer. M’arrêter oui, mais nous n’en sommes pas là.
Tropicale Production : Je trouve fort que tu es
fait autant de films, toi, plus tu tournes, plus tu es demandée. Tu pourrais me
dire pourquoi ? Et surtout comment tu fais ?
Delfynn
Delage Un réal m’a dit y a
pas longtemps : “A chaque fois que je
te fais tourner, j’ai l’impression que
c’est la première fois que je bosse avec toi !”
Je pense que c’est pour cette raison. J’ai changé de physique à une période
mais d’autres filles l’ont fait et ça n’a pas plus fonctionné que ça. Alors, je
ne crois pas ça ai joué. Mais c’est vrai quand même que j’évolue de plus en
plus : je suis devenue une performeuse. Je suis capable d’augmenter mes
capacités anales et vaginales au fur et à mesure... Je recule toujours mes
limites. Je suis trash mais pas crade : je ne fais pas dans le scato ! En fait,
je pense qu’avec de l’entraînement, les gens pourraient reproduire ce que je
fais dans mes scènes.
Tropicale
Production : Que
penses-tu de la
tendance du porno en France à employer des actrices de plus en plus jeunes à partir
de 18 ans...
Delfynn
Delage : Ce n’est pas du tout la demande des gens qui
regardent des films. Autrefois les actrices avaient 20 ans au minimum. Une
femme avec de l’expérience excite beaucoup plus les hommes en majorité. En se
démocratisant, le porno a mis en avant le star système et l’argent qui en
découle. Le porno est beaucoup plus accessible donc elles veulent toutes
devenir des Stars, faute de devenir mannequin. Comme leur motivation n’est pas
sexuelle, ça fait du dégât... Quand à faire ensuite carrière dans autre chose,
un passé d’actrice porno est difficile à gérer. Donc il faudrait recommander la
prudence. La société fait de plus en plus dans le jeunisme, toutes les filles
des couvertures de FHM, Max etc. ont à peine 18 ans et du coup les réalisateurs
de X ont suivi... Pour cela on a recruté de plus en plus des filles de l’est et
les françaises ont été obligées de suivre. C’est du bourrage de crâne en fait !
Les producteurs prennent des filles de 18 ans car c’est plus simple. Elles sont
plus maniables, plus dociles car sans point de référence.C’est
dégueulasse et c’est vraiment gonflant alors que des tas d’hommes sont
attirés par des femmes, des vraies, pas des gamines faussement expérimentées.
Tropicale
Production : Que
penses-tu de toutes ces émissions où on invite des actrices pornos ?
Delfynn
Delage : Ce n’est pas pour l’actrice qu’on les invite. On essaie de
les casser. C’est juste une question d’audimat et c’est tout. Trouvez moi une
émission dans laquelle une actrice porno serait à sa place ?
Tropicale
Production : Pourtant
passer à la télé, ça fait de la promo...
Delfynn
Delage : Passer pour un pantin juste pour faire de la pub,
c’est vraiment naze... Et c’est dégradant : c’est la preuve que ta carrière est
pas assez bonne pour te passer de ça. Le public a pas besoin de ça... en tout
cas, faut pas faire subir aux gens ce qu’ils n’ont pas envie de subir surtout à
des heures où des gamins peuvent encore voir la télé...
Tropicale
Production : Que voudrais-tu
pousser encore comme coup de gueule ?
Delfynn
Delage : Je voudrais qu’en France il soit possible de monter une
vraie agence pour gérer les actrices et pas laisser n’importe qui entrer dans
le porno... Une personne qui soit capable de comprendre leurs demandes, leur
état d’esprit, limiter les abus et ne pas leur laisser espérer n’importe quoi.
Mais les réalisateurs ne seraient pas d’accord, ça les ferait chier dans leur
travail !
Tropicale
Production : quel
est ton mot de la fin ?
Delfynn
Delage : Je suis une épicurienne du sexe, je cultive l’art de la
jouissance !
© Photos Yves Cham – © Texte : Tropicale Production